J’ai décidé de m’aimer

La dernière fois que j’évoquais mon rapport au corps avec des photos de moi, c’était il y a presque 2 ans.

En 2 ans, j’ai gagné 10 kilos, j’ai eu une grosse traversée du désert avec mon corps et une grosse claque que j’évoquais avec beaucoup (trop?) d’émotions en vidéo.

Quelques mois après, je peux vous en parler avec beaucoup plus de sérénité, car aujourd’hui, je peux dire que je vais mieux, beaucoup mieux.

Si j’arrive à en parler de façon plus détachée après cette explosion, c’est que j’ai enfin réussi à prendre du recul sur moi-même. Et pour y arriver, il en a fallu du temps !

A l’âge de 25 ans, je peux dire que j’ai enfin compris pourquoi ça n’allait pas et comment aujourd’hui je sais quel chemin emprunter pour arrêter de me flageller, physiquement et psychologiquement.

J'ai décidé de m'aimer

Si vous avez vu la fameuse vidéo, j’ai vraiment eu un choc à cause du chiffre sur la balance, ce poids qui me renvoyait dans mes tours en me mettant en pleine poire que je pesais pas loin des 100 kilos.

Dans notre société, la balance, le poids, les chiffres, la taille de pantalon, ce sont des infos assez percutantes : on quantifie ton IMC, ton droit à être dans la case des gros, des minces, des gens normaux.

S’ajoute à ça le discours plus que moralisateur que j’ai reçu de ma gynéco (que je ne reverrais plus jamais, adieu, poubelle, bye bye) dans un moment où j’étais moi même dans la position (au sens propre et figuré) la plus inconfortable, voir humiliante de la journée.

Quelques semaines après cette dure journée, je suis repartie sur un chemin que je connaissais bien : celui du régime.

Oui oui, tu sais celui du soit-disant « rééquilibrage alimentaire » (à la con) facile à suivre (plus qu’à suivre les indications qu’on te donne) et que je voulais faire en pensant bien faire.

Ben oui, y’a pas le mot régime dedans mais en soi, c’est bien un régime : dès que l’on se force à se restreindre, on s’oblige à ne pas manger, boire, faire… C’est un régime.

Quand je suis sortie de mon rendez-vous avec la nutritionniste, le soir même, je placardais mon nouveau menu sur le frigo. Je savais déjà au fond de moi que quelque chose clochait.

Je m’arrête 30 secondes devant et là, je me dit : « Non mais t’es con ou quoi ? Je n’ai pas envie de faire ça  en fait. Qu’est ce que je fous encore ? »

50 euros la consultation, le bol en plastique mesureur et le guide menu avec les 100gr de féculent le matin : poubelle. Ca fait cher la prise de conscience mais ce n’était que le début.

Sauf que j’avais envie d’aller mieux, pas folle la guêpe. J’étais prête à aller mieux quoiqu’il arrive, mais pas prête à tout pour rentrer de nouveau dans un 38/40. C’est à ce moment là que je me suis ouverte à de nouveaux horizons.

Que j’ai laissé mon égo de côté pour mieux comprendre pourquoi, avant d’agir n’importe comment. J’ai lu : Fuck les régimes, Zermati (merci Sonia !), j’ai regardé des conférences sur l’association GROS, j’ai commencé à appliquer quelques conseils que j’avais compris chez Zermati et avec lesquels j’étais d’accord.

A m’écouter et arrêter d’écouter des discours comme le « pas assez », « il faut faire plus », « il est temps de perdre du poids sinon tu vas être malheureuse. Et morte si ça continue ».

J'ai décidé de m'aimer

Et puis j’ai commencé à comprendre et et surtout ressentir la différence, le gros changement que j’attendais : je me sens bien. PUTAIN DE BIEN ! Cette sensation de bien-être en toi, tu te sens à ta place, tout de suite, maintenant.

Alors non les kilos ne s’envolent pas, je ne perds pas une taille par mois, mais je me sens bien et ça, ça vaut toutes les tailles en moins de pantalon.

Ce n’est pas rose tout le temps, j’ai des journées où je me sens con, moche, grosse, comme beaucoup de gens, comme avant en fait. Mais j’ai appris à regarder ces émotions, les accepter et me poser des questions :

Pourquoi je me sens moche ? Est-ce que je suis fatiguée, contrariée ? Ai-je reçu une mauvaise nouvelle au boulot ? Peut-être que j’ai besoin d’une pause. Parfois, je me sens moche et nulle, grosse et pas à ma place parce que j’ai mal dormi la nuit.

Depuis que je m’interroge, que j’ai un petit dialogue intérieur, la raison du « pourquoi je ressens ça » est devenue beaucoup plus facile à comprendre.

Quand j’ai regardé les photos de cet article, j’ai dit à Rémi « ah dit donc j’ai des seins, on voit vachement mes mollets et mon bide ».

J’ai regardé les photos 5-10 minutes et après je me suis dit que j’étais bête : forcément qu’on les voit, c’est mon corps, c’est moi et puis voilà.

J’ai envie d’aimer mon corps comme il est, maintenant. Pourquoi attendre ?

Pourquoi attendre de s’aimer, d’accepter ses cuisses, son ventre, d’accepter ce qu’on est ? De toute façon, les détester me demandera 3 fois plus d’énergie et je ne maigrirais pas plus vite, au contraire.

Le but c’est quand même d’aimer ce que je suis aujourd’hui, de prendre ce qui changera en bonus. Parce que passer son temps à rentrer le ventre ou ne pas acheter du 44 parce que tu as l’impression d’être une grosse merde, c’est juste te faire mal autant physiquement que psychologiquement.

Tu n’es pas à l’aise dans tes vêtements donc tu te sens mal, donc tu te sens grosse, donc tu te sens nulle. Super le cercle vicieux.

De cette manière, je fais sauter toutes les barrières que j’ai : le sport collectif que je ne faisais plus car j’avais l’impression d’être une baleine et qu’on ne voyait que moi, manger une glace en public, mettre des jupes sans collant, acheter des vêtements maintenant et pas plus tard parce que voilà, 10 kilos en moins je me récompense…

Surtout plus de récompenses sur le changement physique, plus de « j’achète cette robe pour quand je ferais du 40 ». Non, maintenant j’achète la robe en 44 parce que je veux la mettre maintenant, point.

J'ai décidé de m'aimer

En quelques mois, j’ai (ré)appris à aimer faire du sport pour le sport, d’aller au-delà de mes limites, me dépenser parce que ça fait du bien, pour être fière de moi, pour me faire du bien.

J’ai aussi appris que ce n’étais pas grave de stopper le sport quand on n’était pas en forme (ça c’est moi maintenant et ma culpabilité de « j’en fais pas assez »).

J’apprends à manger à ma faim, quand j’ai envie, qu’il n’y a pas de mauvais choix quand on mange. A accepter mes émotions, que parfois je les mange, mais de comprendre pourquoi pour mieux agir vis à vis de moi-même la prochaine fois.

Manger un dessert le soir, ne pas manger le lendemain matin parce que je n’ai pas faim. Et non, ce n’est pas sauter un repas pour faire 1500 calories dans la journée parce que je ne compte rien.

Les calories, je m’en tamponne l’oreille avec une babouche.

C’est apprendre à se faire confiance sur tous les plans. Se donner le droit à l’erreur parce que c’est normal, on n’est pas parfait, on ne le sera jamais. C’est être indulgent avec soi, manger varié, se dépenser, voir son corps changer de l’intérieur et de l’extérieur, sans vouloir faire du 38 cet été. Ma seule limite, c’était moi. J’ai trouvé la clé, ouvert la porte, maintenant je fonce et je dis merde à tout ce qui me dit le contraire en pensant savoir mieux ce que je ressens, alors qu’ils ne sont pas dans mes baskets. Je n’attends plus la destination, je profite du chemin et c’est mille fois mieux que ce que j’aurais cru. J'ai décidé de m'aimer J'ai décidé de m'aimer

J'ai décidé de m'aimerT Shirt – New Look Jupe – New Look Chaussures – Nike Culotte spéciale jupe (très important) – Uniqlo